Lubrifiants et huiles synthétique

vendredi 15 juillet 2016

LES RAISONS DE LA CONSOMMATION D’HUILE À MOTEUR (deuxième partie)

(deuxième partie)
4. Paliers de bielle usés ou endommagés (connecting rod
bearings)

Le jeu dans les paliers de bielle entraîne une perte d’huile de la même manière que chez les paliers principaux. Mais dans ce cas-ci, l’huile monte plus facilement dans les cylindres. Des paliers de bielle endommagés inondent le cylindre avec une quantité d’huile tellement importante que les pistons et les segments, conçus pour fonctionner avec une quantité normale ou légèrement supérieure d’huile, sont surchargés et l’huile s’échappe jusque dans la chambre de combustion, ce qui provoque une consommation d’huile exagérée. ATTENTION : un jeu insuffisant dans les paliers peut aussi provoquer des dommages aux pistons, aux segments, aux cylindres et aux paliers eux-mêmes.

5. Paliers d’arbre à cames usés ou endommagés (camshaft
bearings)

Les paliers d’arbre à cames sont généralement lubrifiés sous pression, et s’ils ont trop de jeu, il y aura des fuites d’huile. De grandes quantités d’huile peuvent alors inonder les guides et les tiges de soupape et faire augmenter la consommation d’huile.

6. Tourillons du vilebrequin usés (crankshaft journals)

Les tourillons de vilebrequin usés auront le même effet sur la consommation d’huile que les paliers en mauvais état. Lorsqu’ils sont usés de manière inégale,
on ne peut pas y installer des paliers neufs et obtenir un jeu uniforme pour la lubrification. Un roulement bien ajusté à la partie la plus large du tourillon laissera du jeu là où le tourillon est plus étroit, et une trop grande quantité d’huile y passera. Les tourillons déformés ou éraflés doivent être rectifiés et munis de paliers de la bonne grosseur pour obtenir le jeu désiré.

7. Cylindres coniques et excentrés

Dans les cylindres légèrement coniques ou excentrés, l’huile peut encore être contrôlée par les pistons et les segments. Cependant, plus cette condition s’aggrave, plus le niveau de contrôle de l’huile devient difficile à maintenir. On doit ceci à plusieurs facteurs. Le jeu accru entre le piston et le cylindre permet au piston de ballotter dans le cylindre usé. Lorsqu’il est incliné momentanément, une
quantité anormale d’huile peut passer au-delà du piston. Les segments, aussi inclinés dans le cylindre, permettent à l’huile de s’infiltrer d’un côté. À chaque course de piston, un peu de cette huile se retrouve dans la chambre de combustion. Pour chaque révolution du vilebrequin, le piston monte et descend. Lorsqu’un moteur tourne à 3000 tr/min (environ 96 km/h), les segments qui travaillent dans un cylindre conique et excentré s’étirent et se contractent 6000 fois par minute. Par conséquent, à haute vitesse, les segments peuvent ne pas avoir le temps d’épouser parfaitement toutes les parties du cylindre à chaque course du piston. Quand cela se produit, le moteur consomme davantage d’huile
à cause de ce qu’on appelle le pompage d’huile.

La suite au prochain épisode!


Bruno Ranger 
Spécialiste en lubrification
Agent autorisé Amsoil 1702977
sans frais 1 800 804 6059

mardi 5 juillet 2016

LES RAISONS DE LA CONSOMMATION D’HUILE À MOTEUR (première partie)

Voici une source d’information pratique dans les cas de consommation « anormale » d’huile à moteur.
Il est intéressant de constater que les deux seuls problèmes causés par l’huile elle-même traités dans cet article sont expliqués par une huile « sale » ou un remplissage excessif du carter de moteur. Les autres problèmes sont tous de nature mécanique.

Avant d’entamer le survol des raisons de la consommation d’huile, il faut savoir qu’un certain degré de consommation est normal dans tout moteur. Ce qui est considéré comme normal ou acceptable, cependant, peut varier d’un moteur ou d’une application à l’autre. Par exemple, le constructeur automobile Ford considère qu’une consommation allant jusqu’à une pinte (946 ml) d’huile pour 1 600 km (1 000 mi) d’opération est acceptable chez un moteur à essence. Pour les gros moteurs diesel utilisés dans les applications de camionnage routier, la plupart des constructeurs trouvent normale une consommation inférieure à un gallon (3,78 litres) d’huile pour 16 000 km (10 000 mi) de fonctionnement.

1. Fuites d’huile externes
Les endroits où peuvent survenir des fuites d’huile externes son nombreux et incluent entre autres les conduites d’huile, le bouchon de vidange du carter moteur, le joint d’étanchéité du carter d’huile, celui du boîtier de soupape, de la pompe à huile et de la pompe à carburant, de même que le carter de distribution et le palier de l’arbre à cames. Aucune source possible de fuite ne devrait être négligée, car même une fuite minuscule peut provoquer une consommation d’huile très élevée. Par exemple, on estime qu’une fuite d’une goutte d’huile tous les 6 mètres revient à perdre un peu moins d’un litre d’huile tous les 160 km. La meilleure façon de déceler les fuites externes est de fixer une grande pièce de tissu clair sous le véhicule et de lui faire faire un essai routier. Une tache d’huile sur le tissu indiquera la présence d’une fuite et son emplacement approximatif.

2. Joint d’étanchéité des paliers principaux avant ou arrière
(main bearing seals)

Les paliers principaux avant ou arrière usés provoquent presque toujours une perte d’huile, qui ne peut être décelée que lorsque le moteur fonctionne sous une certaine charge. Les joints d’étanchéité des paliers devraient être remplacés quand ils sont usés, car une fuite légère entraînera une consommation d’huile très forte, tout comme le ferait une fuite externe.

3. Paliers principaux usés ou endommagés (main bearings)

Les paliers principaux usés ou endommagés laissent passer une grande quantité d’huile, qui coule le long du vilebrequin et remonte dans les cylindres. L’importance des fuites augmente avec l’usure des paliers. Par exemple, si le palier a été conçu avec un jeu de 0,0015 pouce pour le refroidissement et la lubrification, l’infiltration d’huile demeurera normale aussi longtemps que ce jeu se maintiendra. Si par contre le jeu du roulement augmente à 0,003 pouce à cause de l’usure, la fuite d’huile sera cinq fois plus importante que la normale. Si ce jeu atteint 0,006 pouce, la perte d’huile sera vingt-cinq fois plus sévère que la normale. Lorsque les paliers principaux laissent passer trop d’huile, les cylindres
sont habituellement inondés par plus d’huile que ce que les pistons et les segments arrivent à gérer. Ceci entraîne le brûlage de l’huile dans la chambre de combustion et le calaminage (formation de dépôts de carbone) des pistons et des segments. Dans un moteur traditionnel à graissage sous pression, une grosse perte d’huile aux paliers principaux peut priver les paliers des bielles de
lubrification et parfois, surtout à basse vitesse, une quantité insuffisante d’huile parvient à lubrifier les parois des cylindres. Les pistons et les segments s’usent alors à un point tel qu’ils ne sont plus capables de contrôler l’huile à régime élevé. L’effet de l’usure des paliers principaux sera donc une consommation d’huile élevée.




Bruno Ranger 
Spécialiste en lubrification
Agent autorisé Amsoil 1702977
sans frais 1 800 804 6059